💡 En bref : ARTICLE 📰 sur les liens entre utilisation du polygraphe et faux aveux

Titre : Polygraph testing abuses in National Registry of Exonerations false confession cases

Auteurs : B. Denkinger, J. Harper, H. Yoon, W. Iacono

Résumé original : « Purpose: We investigated the context and consequences of polygraph administration during the interrogation of criminal suspects who falsely confessed and were later exonerated. We expected that polygraph results for these exonerees would reflect false positives, or cases in which innocent suspects were told they failed when they actually passed.
Method: Based on false confession cases documented by the National Registry of Exonerations, we reviewed original source documents to identify instances where a polygraph was administered during interrogation, resulting in a final sample of 56 cases. Case documents were reviewed to determine the polygraph outcome, how the outcome was conveyed to the exoneree, the strength of evidence implicating the exonerees prior to polygraph administration, and the presence of demographic and psychological vulnerabilities previously associated with false confessions.
Results: Of the 36 cases where polygraph examiner decisions were reported, only eight were accurate. In all but one case, suspects were told that the polygraph indicated deception, even when inconclusive or exculpatory. Polygraphs were often administered in the absence of strong incriminating evidence and to individuals who possessed vulnerabilities known to increase false confession risk.
Conclusions: These results represent the largest known repository of cases involving polygraphic interrogation of demonstrably innocent individuals who falsely confessed. None of the exonerees benefited from taking the polygraph, regardless of the outcome. We refer to the use of polygraphs to convince suspects they have been incriminated by their own bodily responses as a Polygraph Self‐Incrimination Ploy, an interrogation technique that contributes to false confessions in vulnerable individuals. »

Date de parution : 08/03/2026

Édition : Legal and Criminological Psychology

DOI : 10.1111/lcrp.70027

ThĂšmes : Mensonge, Aveu, Erreurs judiciaires, Outil

Citer cette rĂ©fĂ©rence : Denkinger, B., Harper, J., Yoon, H., & Iacono, W. (2026). Polygraph testing abuses in National Registry of Exonerations false confession cases. Legal and Criminological Psychology, 00(1–16). https://doi.org/10.1111/lcrp.70027

RĂ©sumĂ© traduit en français : « Objectif : Nous avons Ă©tudiĂ© le contexte et les consĂ©quences de l’administration du polygraphe lors de l’interrogatoire de suspects de crimes ayant fait de faux aveux et ayant Ă©tĂ© ultĂ©rieurement innocentĂ©s. Nous avons formulĂ© l’hypothĂšse que les rĂ©sultats du polygraphe pour ces personnes exonĂ©rĂ©es reflĂ©teraient principalement des faux positifs, c’est-Ă -dire des situations dans lesquelles des suspects innocents se voyaient dire qu’ils avaient Ă©chouĂ© au test alors qu’ils l’avaient en rĂ©alitĂ© rĂ©ussi.
MĂ©thode : À partir de cas de faux aveux recensĂ©s par le National Registry of Exonerations, nous avons examinĂ© les documents originaux afin d’identifier les situations dans lesquelles un polygraphe avait Ă©tĂ© administrĂ© au cours de l’interrogatoire. Cette procĂ©dure a abouti Ă  un Ă©chantillon final de 56 affaires. Les documents relatifs Ă  chaque cas ont Ă©tĂ© analysĂ©s afin de dĂ©terminer le rĂ©sultat du polygraphe, la maniĂšre dont ce rĂ©sultat avait Ă©tĂ© communiquĂ© Ă  la personne exonĂ©rĂ©e, la soliditĂ© des Ă©lĂ©ments de preuve l’incriminant avant l’administration du test, ainsi que la prĂ©sence de vulnĂ©rabilitĂ©s dĂ©mographiques et psychologiques prĂ©alablement associĂ©es aux faux aveux.
RĂ©sultats : Parmi les 36 cas pour lesquels la dĂ©cision de l’examinateur du polygraphe Ă©tait rapportĂ©e, seuls huit se sont rĂ©vĂ©lĂ©s exacts. Dans tous les cas sauf un, les suspects ont Ă©tĂ© informĂ©s que le polygraphe indiquait une tromperie, y compris lorsque les rĂ©sultats Ă©taient en rĂ©alitĂ© non concluants ou disculpants. Les polygraphes Ă©taient frĂ©quemment administrĂ©s en l’absence d’élĂ©ments de preuve incriminants solides et Ă  des individus prĂ©sentant des vulnĂ©rabilitĂ©s connues pour accroĂźtre le risque de faux aveux.
Conclusions : Ces rĂ©sultats constituent le plus vaste ensemble de cas documentĂ©s impliquant des interrogatoires avec polygraphe de personnes manifestement innocentes ayant nĂ©anmoins fait de faux aveux. Aucun des individus exonĂ©rĂ©s n’a tirĂ© bĂ©nĂ©fice du passage du polygraphe, quel qu’en ait Ă©tĂ© le rĂ©sultat. Nous dĂ©signons l’usage du polygraphe visant Ă  convaincre les suspects qu’ils se sont eux-mĂȘmes incriminĂ©s par leurs rĂ©actions physiologiques comme une « manƓuvre d’auto-incrimination par polygraphe » (Polygraph Self-Incrimination Ploy), une technique d’interrogatoire susceptible de contribuer Ă  la production de faux aveux chez des individus vulnĂ©rables. »

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